Betty de Tiffany McDaniel (2020)

Editions Gallmeister


Il est des livres sur lesquels tout semble avoir déjà été dit tant leur couverture médiatique fit l’effet d’un raz-de-marée à leur sortie. C’est le cas du roman Betty, un phénomène littéraire dont les critiques sont dithyrambiques et qui, depuis sa sortie en 2020, est devenu un véritable best-seller.

Betty est une petite fille d’ascendance cherokee qui grandit à Breathed, la petite ville d’Ohio dont sa mère est originaire et où ses parents ont fini par poser leurs valises. Son enfance est bercée par les contes de son père, un Indien soucieux de transmettre ses valeurs de liberté et de richesse morale, mais aussi sa culture et son savoir, à ses enfants. Ses histoires lui permettent aussi d’adoucir le quotidien d’une vie rythmée par la pauvreté et le racisme.

La présence stable, protectrice et bienveillante de cet homme est particulièrement nécessaire dans  la tempête qui agite sa mère régulièrement. Celle-ci apparaît comme imprévisible, violente physiquement et verbalement, et épisodiquement perverse. Dans une tentative de sa mère de justifier son état mental, Betty se voit contrainte d’écouter le récit de ses souvenirs, et de perdre ainsi une certaine innocence enfantine. Pour elle, l’apprentissage des réalités des violences faites aux femmes ne fait que commencer.

Betty est un beau roman, difficile à lâcher tant on souhaite savoir ce qu’il advient de cette petite fille qui porte tant sur ses épaules. Le racisme et la pauvreté s’ajoutent pour elle à la « malédiction » d’être femme. En effet, le récit s’articule telle une épopée transgénérationnelle des violences faites aux femmes : quelles qu’elles soient, chaque femme de ce roman a été violentée, humiliée ou sexualisée de sorte que le cycle infernal semble héréditaire et inarrêtable. C’est peut-être le seul reproche que j’adresserais à ce roman : la concentration de violences dans une seule et même famille rend la lecture un peu étouffante. Mais est-ce pour autant que c’est invraisemblable ? Pas sûre.

3 thoughts on “Betty de Tiffany McDaniel (2020)

  1. J’ai beau lire des romans sur les violences, je crois que trop de violences sexuelles me bloquent beaucoup concernant « Betty ». A voir si, les années passant, je m’y confronterai. 🙂

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      • Oui, aussi. Les violences sexuelles, qu’elle que soit la façon de les représenter sont de vraies épreuves pour moi. Mais il faut en parler sans alléger ou diluer les faits et les effets, même si on ne peut jamais vraiment se représenter ce qu’un•e autre a vécu dans sa chair.

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